vidéo couleur HD, sans son, 20'23'', loop
H.C.
n° inv. CP 2024-8
 
commande 2024
Collection des Fonds d'art contemporain du Canton et de la Ville de Genève

Œuvre coproduite par le Fonds cantonal d'art contemporain, Genève, avec le Fonds d'art contemporain de la Ville de Genève pour le programme MIRE. Diffusée sur le mur LED de la Gare de Lancy-Pont-Rouge de décembre 2024 à juillet 2025.

Shahryar Nashat est un artiste visuel. Diverses institutions culturelles lui ont dédié des expositions monographiques telles que l'Institute Svizzero Roma (2024-2025), MASI Lugano (2024); The Art Institute of Chicago (2023); The Renaissance Society at the University of Chicago with Bruce Hainley (2023); Museum of Modern Art, New York (2020); Swiss Institute, New York (2019); Kunsthalle Basel (2017); Portikus, Frankfurt (2016); Schinkel Pavillon, Berlin (with Adam Linder, 2016). L'artiste est représenté par la Rodeo Gallery, (London/Piraeus), David Kordansky Gallery, (Los Angeles/New York) and Gladstone Gallery, (New York/Brussels). Son travail englobe autant la vidéo, le film, la photographie que la sculpture. Le corps humain, plus particulièrement masculin, constitue la clé de voute de son travail. Il s'intéresse aux mythes de la masculinité ainsi qu'aux dispositifs de monstration de ces derniers et tente de les démystifier. Depuis 2011, Nashat collabore régulièrement avec le chorégraphe Adam Linder. Par le biais de cette collaboration, il propose une contre-représentation du corps athlétique, généralement exposé de manière triomphante et entière, et montre les mouvements quasi automatiques du danseur qui, a contrario, participent à une détérioration corporelle.

L'œuvre High Definition Workers repose sur trois composants : la temporalité, l'animalité versus l'humanité et l'image subliminale qui fait écho à la société de consommation. L'artiste est parti du contexte d'exposition, qui est la gare de Lancy-Pont-Rouge, afin de construire son œuvre. Il souhaitait produire une vidéo qui capte l'attention des passant.e.s tout en questionnant la notion de temps. Pour ce faire, il propose un melting-pot d'images réelles et virtuelles, qui n'ont a priori aucun lien entre elles. Mais en les regardant de plus près, il semble que leur trame soit systématiquement révélée. Les images abstraites, dont la matière première est numérique, sont composées de couleurs vives et mouvantes, presque sensuelles. Les figures réelles apparaissent et disparaissent de manière graduelle, parfois pixel par pixel, comme dans un dérangement de la transmission de l'image. Plusieurs effets visuels employés par l'artiste rappellent par ailleurs l'image radiologique et celle infrarouge thermique. La référence à ce type de procédés et à l'instabilité qui leur est propre révèle la structure interne de l'image. Pour l'artiste, le pixel serait "l'ouvrier silencieux" qui permet la création de tout type d'image. Le changement de régime d'image crée une rupture, ainsi qu'une surprise pour les usager.ère.s de la gare; il faudra que ces dernier.ère.s prennent le temps de s'arrêter afin d'observer le passage du virtuel au réel. La perception du public est sans cesse mise à mal avec High Definition Workers, une manière pour l'artiste de créer un moment de pause et de réflexion dans un contexte urbain particulier. (RV-2024)