Le travail de Dora García est à l’intersection des arts plastiques et des arts vivants, de la psychanalyse et de la littérature. La performance y occupe une place importante. L’artiste traite de questions liées à la communauté et à l’individualité, explore les potentiels politiques de positions marginalisées et rend souvent hommage à des personnages excentriques. Les récits fictifs ou réels que l’artiste élabore s’appuient souvent sur du matériel préexistant, comme des documents d’archives textuels ou sonores. L’agentivité du·de la spectateur·trice est souvent sollicitée et activée par les œuvres de Dora García qui n’hésite pas à le·la mettre à mal par le biais des dispositifs d’exposition qu’elle agence en dehors des normes traditionnelles de présentation. L’idée est de rompre la hiérarchie entre le public et l’œuvre. L’artiste use de son art comme outil discursif afin de susciter des réalités nouvelles. Sa série de « Phrases d’Or » démontre la volonté de l’artiste d’établir aussi, dans son travail artistique, un support autour du mot et du langage. Le mot est compris dans sa capacité à révéler l’inconscient du sujet et, mis bout à bout avec d’autres termes, il forme un réseau de pensée qui peut se comprendre de manière multiple et variée. Exposée au MACBA à Barcelone, au Reina Sofia à Madrid, Dora García a également représenté l’Espagne à la Biennale de Venise en 2011. Son travail était aussi présent à La Documenta 13, édition de 2012, ainsi qu’à la Biennale de Lyon en 2009.
il y a un trou dans le réel. s’intègre à la série des « Phrases d’Or », débutée par Dora García en 2002. Il s’agit de phrases, écrites ou trouvées par l’artiste, incarnées sous des formes plastiques variables, donnant à lire des pensées s’apparentant à des devises. Elles expriment des idées guidant l’existence, dont la signification est multiple, complexe et dépend du contexte de réception. Elles créent cependant toujours un sentiment d’inquiétude et d’étrangeté. La phrase-enseigne il y a un trou dans le réel., que l’artiste a conçue en se fondant sur la lecture de Jacques Lacan, n’échappe pas à cette règle. Surplombant le bel exemple d’architecture moderniste qu’est la résidence estudiantine du Centre universitaire protestant, elle rayonne de jour comme de nuit pour s’insinuer dans l’esprit des passant·e·s comme une pensée qui tente d’approcher la réserve plutôt que de s’accrocher à ce qui est intelligible du premier coup. (PK-RV-2026)
