Œuvre produite par le Fonds cantonal d'art contemporain, Genève, pour le programme MIRE. Diffusée sur les écrans des hauts d'ascenseurs en rotation dans les gares de Lancy Pont-Rouge, Lancy-Bachet et Chêne-Bourg de juin 2020 à juillet 2021.
Véronique Goël est née en 1951 à Rolle en Suisse. Elle se forme d'abord, de 1967 à 1970, au métier de couturière modéliste et exerce les années suivantes dans la haute couture et le prêt-à-porter à Rome et à Bruxelles, puis comme modéliste indépendante. De 1975 à 1979, elle étudie la peinture et la gravure à l'Ecole des Beaux-Arts de Lausanne, puis l'image en mouvement à l'atelier cinéma de l'Ecole supérieure d'arts visuels de Genève. Elle part ensuite à Londres, de 1983 à 1989, où elle travaille avec le cinéaste expérimental américain Stephen Dwoskin. Durant sa carrière, l'artiste a reçu plusieurs distinctions, comme le Prix du meilleur film pour Caprices, en 1990 et, en 1995, le Prix du meilleur projet pour kenwin, décernés par la Société Suisse des Auteurs. En 2007, elle a également reçu le Prix de la meilleure musique du Berner Filmförderung, pour Poble No. Elle a en outre bénéficié de plusieurs bourses, comme celles de la Ville de Genève, et la bourse pour artistes de plus de 35 ans du FMAC. En 2004, elle a résidé à Barcelone avec une bourse de l'État de Genève. Le travail de Véronique Goël se concentre principalement sur le cinéma et la photographie, mais compte également quelques installations depuis les années 2000. Architecture, individus, groupes et enjeux sociaux sont au cœur de son travail. La ville est non seulement le lieu, mais aussi le protagoniste principal de son travail. Pour elle, filmer la ville revient à filmer la société.
Dans son œuvre Square, Véronique Goël joue sur les deux significations de ce mot : carré et place. En un plan fixe, elle montre précisément une place, traversée par des passant·e·s. Filmée en surplomb, l'image est totalement occupée par le sol. Au centre et à terre, une différence de matériaux dessine un grand carré, qui fait office de cadre dans le cadre, traversé de part en part par deux lignes horizontales, l'angle de vue faisant pivoter le tout sur des diagonales. Qu'ils passent seuls ou à plusieurs, isolés ou en masse, les personnages suivent des trajectoires qui se ressemblent, sans interaction entre les groupes qui s'entrecroisent. Le montage les fait parfois disparaître avant qu'ils n'aient atteint le hors-champ, ou apparaître à mi-parcours, provoquant un trouble dans la perception de la durée. L'absence de son contribue à une déréalisation de la scène. L'absence totale de décor quant à elle concentre l'attention sur les passant·e·s et le défilement en boucle du film, faisant de leurs déplacements une forme de chorégraphie urbaine.
