Marie Jacqueline Marino est une artiste genevoise, née en 1926 et décédée en 1975. Son œuvre comprend aussi bien des peintures, que des affiches, des dessins préparatoires pour des tapisseries, des gravures et des fresques. Elle était mariée à Jean-François Liegme (1922-1977), également artiste. Marino a exposé dans des galeries genevoises et dans le cadre d’expositions muséales, comme l’exposition de la section genevoise des femmes peintres et sculpteurs au Musée Rath en 1970. Elle était avant tout une peintre figurative mais traitait ses sujets dans une forme simplifiée. Marino utilisait volontiers des aplats de couleurs sans contour pour former des figures végétales, humaines et animales. Les paysages qu’elle réalise vers la fin de sa vie ressemblent presque à des tâches de couleurs. Comme pour de nombreux·ses autres artistes de l’époque qui travaillent dans la figuration, elle semble être dans un tiraillement où l’abstraction s’installe petit à petit et dialogue avec la figuration pour trouver une expression propre. Marie Jacqueline Marino aime peindre la nature. Dans les années 1940, elle réalise des scènes de vie avec des personnages, mais la figure humaine va disparaître pour laisser la place à la végétation. Ses peintures sont très lumineuses et les visages de ses personnages se ressemblent : les yeux sont grands et ronds, le nez est évoqué par la présence des narines et les bouches sont finement dessinées.
Le Jeu du Feuillu était à l’origine une fresque murale et se trouvait dans l’institut Jaques-Dalcroze. Un concours est lancé en 1956 pour décorer le bâtiment avec une œuvre d’art. Marie Jacqueline Marino remporte le concours : il s’agit alors de la première commande d’art public du Fonds de décoration faite à une femme. Si l’artiste choisit de représenter le thème du Jeu du Feuillu, c’est parce qu’Émile Jaques-Dalcroze, qui a fondé l’institut, a composé plusieurs chansons pour cette fête genevoise. Dans les années 1980, le bâtiment se trouve en très mauvais état et doit subir des travaux importants. On décide alors de retirer l’œuvre de Marino pour la replacer dans un autre établissement public. L’école de Confignon est choisie en accord avec le maire de la commune car la fête du Feuillu y est encore célébrée. Le Feuillu est une fête paysanne, probablement d’origine païenne, qui célèbre les premiers jours du printemps. Le Feuillu, un personnage fait de plantes et de fleurs, préside une parade de jeunes gens vêtus de manière champêtre, qui défilent durant quelques heures. Dans le tableau de Marino, on observe des enfants qui fêtent ainsi l’arrivée du printemps, disposés dans un paysage d’arbres et d’arbustes à la frontière de la figuration et de l’abstraction. Les couleurs sont claires et très lumineuses, une réelle gaité se dégage du tableau. Le Feuillu se trouve au milieu du tableau : c’est le triangle bleu et vert, surmonté d’un mobile qui est tiré par le garçon au chapeau rouge pointu. La peinture évoque un esprit festif printanier ; un univers dans lequel les enfants paradent et dansent. (RV-2024)
