vidéo numérique, couleur, avec son, 77'57", loop
H.C.
n° inv. CP 2020-6
 
commande 2019

Œuvre produite par le Fonds cantonal d'art contemporain, Genève, pour le programme MIRE. Diffusée sur l'écran de la Gare de Champel entre juin 2020 et janvier 2021.

Cecilia Bengolea est née en 1979 en Argentine. Elle vit et travaille à Paris. Elle s'exprime essentiellement par la danse, dans des œuvres vidéo ou performatives. Après un diplôme en philosophie et en histoire de l'art, Cecilia Bengolea étudie les danses urbaines et la danse anthropologique à Buenos Aires, qui éveillent son intérêt pour la collaboration avec différentes communautés. Elle travaille sur ces formes de danse et explore leur lien avec la nature et les éléments. Elle conçoit la danse et la performance comme des sculptures animées dans lesquelles les interprètes sont à la fois sujet et objet. L'artiste collabore depuis 2005 avec le danseur et chorégraphe François Chaignaud avec qui elle a réalisé entre autres Sylphides (2009), récompensé par le Prix de la Critique de Paris et le Young Artist Prize à la Biennale de Gwangju en 2014. Les deux artistes créent ensemble la compagnie de danse Vlovajob Pru. Cecilia Bengolea travaille fréquemment en Jamaïque, où elle a découvert la culture du dancehall en 2014.

Avec TRYPTIK, Cecilia Bengolea propose une œuvre multiple : elle partage ses recherches sur la culture dancehall dans le contexte particulier de la communauté jamaïcaine et y juxtapose les images d'une chorégraphie créée avec l'équipe nationale jamaïcaine de natation synchronisée. Entre représentations en triptyque et vues panoramiques de quinze mètres de large, l'artiste donne à voir une culture spirituelle du mouvement visant à créer un sentiment d'élévation. Les conditions météorologiques, la faune et la flore, la terre et l'eau, l'environnement urbain particulier, sont autant d'éléments constitutifs de chorégraphies dansées ou nagées qui, souvent, imitent la nature et incarnent les esprits par le geste. Pour Cecilia Bengolea, les pratiques corporelles telles le dancehall, la natation synchronisée ou même les concours hippiques, résultent d'une discipline profonde du mouvement. Les chorégraphies et les vibrations de la musique et de l'environnement sonore naturel – perceptibles au sol comme dans l'eau – donnent lieu à des formes de rituels communautaires, qui conduisent à d'autres états de conscience.