Œuvre produite par le Fonds cantonal d'art contemporain, Genève, pour le programme MIRE. Diffusée sur les deux écrans LED face à face au niveau des quais de la Gare de Lancy-Bachet entre juillet 2022 et mai 2023.
Née en 1966 à Topanga, en Californie, Jennifer West vit et travaille à Los Angeles. Elle est directrice du programme MFA Art et professeure associée en pratique des beaux-arts à la Roski School of Art and Design de l'USC (Université de Californie du Sud). Utilisant le film en tant que matériau, ses œuvres sont projetées dans d'importantes institutions internationales et conservées dans de nombreuses collections. Ses écrits ont été publiés dans différents magazines et elle a produit plusieurs livres d'artistes sous forme de zines, récemment acquis par le Getty Museum. Le terme analogital, contraction d'analog et de digital inventé par l'artiste, caractérise l’intersection de deux paradigmes technologiques où évolue son travail. Elle est en effet connue pour ses films, numérisés, mais réalisés manuellement en manipulant le celluloïd même à l'aide de produits aussi variés que parfum, fumée, eye-liner, vernis à ongle, sauces et autres jus, etc. Les œuvres qui en résultent se présentent comme des collages plus ou moins abstraits, abordant entre autres notre rapport au visionnage.
Avec Cat Over Moon (Chat sur lune), dont le titre énonce la poésie, l'artiste, comme souvent dans son travail, s'intéresse à l'histoire du cinéma. Ici, elle met en lien les trucages des premiers films fantastiques (p. ex. de Georges Méliès) avec le phénomène de la propagation des vidéos de chats sur internet, interprétées par l'artiste comme une forme de « low art ». En interrogeant les thérapies contemporaines de soulagement du stress, la vidéo propose différentes séquences d'un chat passant devant la pleine lune. Jennifer West utilise une technique de peinture qu'elle a élaborée et perfectionnée pendant plusieurs années, en posant directement la couleur sur la bande de film analogique et en gardant volontairement ses gestes bien visibles, ce qui crée un résultat très sensible. C'est aussi une manière de rendre hommage aux débuts du cinéma, en produisant des effets proches de ceux de la colorisation manuelle des films anciens.
